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Rencontre avec l'artiste Zuzana Rohelová

Dernière mise à jour : 20 mars

Habiter le silence


Zuzana Rohelova peint des paysages suspendus, habités par des animaux silencieux et des formes mystérieuses. Née en République Tchèque, installée à Barcelone, elle a trouvé dans la peinture une façon de revenir à l'essentiel : la nature, le silence, l'immobilité. Rencontre avec une artiste dont la palette subvertit le réel pour mieux le révéler.


Peux-tu nous parler de ton parcours et de comment tu as commencé à peindre ?

J'ai toujours eu une passion pour la création. L'imagination a été ma compagne constante, et j'ai toujours aimé concevoir des espaces et des atmosphères qui évoquent différentes émotions, ce qui rejoint aussi mon amour du design d'intérieur. J'ai fait une pause dans la peinture pendant mon adolescence, mais en 2020, lors du confinement, j'ai retrouvé le temps de renouer avec mon travail et décidé de partager mes toiles publiquement. La réponse a été incroyablement positive : les gens ont commencé à s'y intéresser, et c'est ainsi qu'a vraiment commencé mon chemin en tant que peintre, un chemin qui continue de grandir.


Qu'est-ce qui t'attire vers ces paysages silencieux et ces présences animales ?

Je sens que les animaux préservent encore une innocence et une honnêteté que les humains ont progressivement perdues dans leur course en avant. Nous vivons dans un monde rapide et surstimulé ; eux continuent d'habiter le présent. C'est pour ça qu'ils apparaissent dans mes paysages, non pas comme des éléments décoratifs, mais comme une présence en harmonie avec le silence que je cherche. Ils incarnent une façon d'exister moins touchée par le bruit du monde.


Ton travail semble souvent suspendu dans le temps. Quelle atmosphère cherches-tu à créer ?

J'essaie de fuir le bruit, alors je cherche à créer une atmosphère de silence et d'introspection, un espace où le temps ralentit, qui nous permet de faire une pause, d'observer, d'apprécier. Dans un monde qui va trop vite, ce sentiment d'immobilité me semble essentiel.


Comment choisis-tu ta palette de couleurs ?

Je consacre beaucoup de temps à réfléchir aux couleurs que je veux utiliser. Ma palette devient souvent un laboratoire de mélanges où j'expérimente jusqu'à trouver la combinaison que je cherche vraiment. Je ne cherche pas à reproduire les couleurs telles qu'elles existent dans la réalité. Je préfère m'éloigner de l'évident : je n'utilise pas le bleu pour le ciel ni le vert pour l'herbe. Ce qui m'attire, c'est l'idée de transformer le quotidien par la couleur et de plonger le spectateur dans un univers surréel, une réinterprétation du réel qui devient une expérience différente.


Quelle place occupe la nature dans ta pratique ?

La nature est très importante dans mon travail. Même si je vis aujourd'hui à Barcelone, une grande ville vibrante, j'ai grandi dans un petit village entouré de nature. Cette proximité me manque profondément. Être en contact avec la nature, c'est comme revenir à l'origine de tout. La représenter dans mon travail est une façon de me reconnecter à cette sensation, ça m'apporte paix et ancrage.


De petites maisons apparaissent souvent dans tes peintures. Que représentent-elles pour toi ?

C'est une façon d'habiter l'oeuvre. Ces formes ne représentent pas toujours une maison au sens littéral, parfois elles incarnent un individu ou une force qui habite et transforme le paysage. Ce sont des présences plutôt que des constructions : elles occupent l'espace et lui donnent sens.


Sur quoi travailles-tu en ce moment dans ton atelier ?

Pour l'instant, je continue d'explorer et de chercher comment capturer ce sentiment d'immobilité dont je parlais,


j'ai l'impression d'avoir encore beaucoup à dire. J'expérimente des coups de pinceau plus libres pour créer des textures plus immersives.




 
 
 

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